Emission n° 7 du 22 novembre 2000

Les sons de l'émission sont en RealAudio. Si vous n'avez pas encore le plug-in RealAudio, téléchargez-le (la version 8 basic, en bas de page au milieu, est gratuite).

Vous pouvez écouter l'émission dans son intégralité, ou alors lire les textes et écouter les sons ci-dessous.

Playlist du 22 novembre 2000:

- The Beatles: Lucy in the Sky with Diamonds (Sgt. Pepper's lonely hearts club band)

- Jefferson Airplane: White Rappbit (2400 Fulton street - The CD collection)

- Daniel Hélin: La came (Fait main à Borlon)

Textes et sons:

Comme toutes les autres fois dans AlterEcho nous allons parler d'actualité et de médias, et cette semaine en particulier de l'actualité des médias. Le thème de la semaine sur Radio Campus, ce sont les drogues, dans le cadre du festival Pur Kultur, dont vous avez déjà largement entendu parler sur cette antenne tout au long de la semaine. Nous respecterons ce thème dans la deuxième partie de cette émission, avec des invités en studio qui viennent nous offrir un regard différent sur le sujet. Jacques Mabit, est médecin, et il s'occupe au Pérou d'un centre de désintoxication un peu particulier, nous y reviendrons. J'ai également en face de moi Patrick Deshays, anthropologue, qui étudie depuis une vingtaine d'années l'ayahuasca, une substance hallucinogène. Mais avant d'aborder le sujet des drogues, et la façon dont les médias en ont parlé ces derniers temps, place à l'actualité des médias.

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Justement, pour une fois, les médias ont parlé cette semaine des autres médias. Il y a eu Télémoustique, qui a publié un dossier intitulé : "Faut-il brûler la RTBF (et tout reconstruire) ?" Les problèmes de la RTB, politisation et décentralisation, sont exposés de façon étayée, et ce sont des questions qu'il fallait poser. On attend maintenant un reportage de la RTBF qui posera la question de savoir à quoi sert Télémoustique.

Mais il y a ces jours-ci dans la presse un dossier médias bien plus sérieux et qui pose des questions plus fondamentales. C'est l'occasion pour nous de jouer à un petit jeu que maîtrisent parfaitement les médias traditionnels : la connivence et le renvoi d'ascenseur. Je vous expliquerai après.

Cette semaine donc, le magazine progressiste Avancées consacre un dossier aux médias, et surtout aux dérives qui les caractérisent. Le titre de ce dossier a été chipé à l'excellent petit livre de Serge Halimi et Dominique Vidal sur la propagande lors de la guerre du Kosovo ; il s'appelle "L'opinion, ça se travaille". Cette phrase avait été prononcée par un général de l'OTAN, et elle en disait très long sur le fonctionnement des médias de masse. Donc, l'opinion ça se travaille, et Avancées nous le prouve dans son numéro du mois de novembre en 4 articles bien ficelés. Pour commencer, Geoffrey Geuens campe la situation des médias belges, et le tableau n'est pas bien rose. Evidemment, on le sait bien, puisqu'on peut s'en apercevoir tous les jours en lisant la presse ou en regardant la télé, mais là, on explique clairement les raisons de cette pauvreté de diversité et de contenu. On apprend ou on redécouvre ainsi que comme partout ailleurs, les médias belges sont dominés par un petit nombre de grands groupes de presse qui sont dirigés par de grands industriels. Ainsi, en Belgique, il y a par exemple la famille Leysen. Le père, André Leysen, dirige le groupe flamand VUM, qui contrôle plusieurs quotidiens. André Leysen est également dirigeant du Holding Gevaert, lié à la banque KBC, ancienne Kredietbank. Il est enfin ancien président de la FEB, et il siège dans les conseils d'administration de géants industriels comme Philips, BMW et Deutsche Telekom. Son fils, Thomas Leysen, lui assure un pied dans la presse wallonne, puisqu'il siège au conseil d'administration de Medi@bel, le groupe de presse catholique du sud du pays. Parmi ses collègues, on retrouve notamment un ancien directeur de Cockerill Sambre, un gouverneur honoraire de la Banque Nationale et un secrétaire général de la FEB. Dans l'audiovisuel, ce n'est pas mieux, puisque RTL -TVi fait partie de RTL-Group, un empire flambant neuf dirigé par Albert Frère, le Rockefeller belge. A la tête de la chaîne qui diffuse Télé Kwinto et Place Royale, on retrouve un des proches collaborateurs du même Albert Frère et ancien conseiller du président de la Royale Belge. Tout cela ne représente que le sommet de l'iceberg, et on comprend facilement que dans ces conditions, il est évidemment difficile d'espérer que la presse soit indépendante et qu'elle s'abstienne de défendre les intérêts et de propager la vision du monde de ces messieurs de l'industrie et de la finance. Un autre article du même dossier, toujours signé Geoffrey Geuens, se charge d'ailleurs de nous le démontrer en analysant la façon dont les médias belges ont couvert la contestation croissante contre la mondialisation néo-libérale. Seattle, Millau et Prague ont été pour la grande presse une occasion de critiquer ce large mouvement social pour sa division, réelle ou perçue, ainsi que pour des épiphénomènes comme la popularité de José Bové, phénomène que la presse a elle-même contribué à créer. Ce fut l'occasion aussi de lancer de vibrants plaidoyers libéraux et d'ouvrir ses colonnes aux défenseurs du libéralisme et de la privatisation à tout crin. L'opposition s'est, elle, retrouvée reléguée aux oubliettes du folklore. On apprend au passage que les deux journalistes qui sont chargées de couvrir ce genre d'événements pour le Soir ne sont pas neutres en la matière. Christine Simon a écrit un livre 'élogieux', pour rester poli, sur Philippe Bodson, "le patron qui ose", tandis que Béatrice Delvaux, ancienne stagiaire au FMI, a lancé dans plusieurs livres, dont un sur Albert Frère, de vibrants appels à un capitalisme belge "fort et conquérant". Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi les voix dissonantes sont souvent absentes, ou du moins rarement prises au sérieux dans le discours médiatique dominant. Bref, courez vite acheter Avancées, le numéro de novembre, en vente chez tous les bons marchands de journaux, est à conserver.

Comme promis, je vous explique maintenant le principe du renvoi d'ascenseur. En fait, si je vous ai parlé de ce dossier médias d'Avancées, ce n'est pas du tout parce qu'il est bien fait ou que je l'ai trouvé intéressant. C'est uniquement parce que dans un petit encadré, on y parle en termes très élogieux d'AlterEcho, une émission de critique médias, diffusée sur Radio Campus, et que vous connaissez sans doute. Le renvoi d'ascenseur, c'est donc ça : tu parles de mon émission, je parle de ton magazine, on se lèche les bottes mutuellement et tout le monde s'en portera mieux. Dans le cas présent, croyez-moi ou non, ce n'est évidemment pas de ça qu'il s'agit. Je vous aurais de toute façon parlé de ce dossier, puisque je l'ai bel et bien trouvé très intéressant. Mais dans la presse conventionnelle, ce mécanisme est omniprésent. Seulement, le lecteur moyen n'y voit que du feu, puisqu'il ne connaît pas les liens qui unissent les uns et les autres. Par exemple, lorsque vous lisez dans Le Monde l'éloge du dernier bouquin d'Alain Minc, vous ne savez pas forcément qu'il est le directeur du conseil de surveillance du Monde. Et ce n'est là que l'exemple le plus évident. En Belgique, ce genre de coucheries dans les médias n'a jamais, à ma connaissance, été analysé en profondeur, mais si ça vous intéresse, pour les médias français, Serge Halimi est allé tenir la chandelle, et il a tout raconté dans un petit bouquin qui est sorti il y a déjà quelques années, intitulé "Les nouveaux chiens de garde". Parfois anecdotique mais toujours intéressant et drôle, ce petit livre est, comme on dit dans la presse, à découvrir absolument. Après cet éloge, il faudra que je pense à écrire à Serge Halimi pour qu'il me renvoie l'ascenseur dans son prochain livre.

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Puisqu'on parle médias et gros sous, c'est l'occasion de vous donner des nouvelles du Journal du samedi. La semaine dernière, on attendait toujours la réponse de la Communauté française et de son ministre Richard Miller. Le JDS demandait 5 malheureux millions pour survivre, eh bien la réponse fut 'njet'. D'un côté, les quotidiens qui appartiennent à de grands groupes de presse reçoivent chaque année, de façon institutionnalisée, des paquets de millions destinés à sauvegarder le pluralisme et l'expression de la démocratie, alors que pourtant ils ronronnent à l'unisson. De l'autre, un petit hebdo, critique et indépendant, à la limite de la survie, se voit refuser une toute petite bouée de sauvetage. Bref, la routine.

Dans ces conditions, il est d'autant plus décevant de constater le manque de solidarité d'un journal censément progressiste comme Le Matin, qui interviewait ce lundi sur une pleine page le ministre en question, Richard Miller. Enfin, je dis interviewait, mais je ferais mieux de dire servait la soupe ou cirait les pompes. On y lit que Miller est "un personnage atypique dans la jungle politique", "un passionné de la rencontre de l'art et de l'être humain". Le Matin déplore même à plusieurs reprises que Miller ne soit QUE ministre des Arts et Lettres et de l'Audiovisuel, et non ministre de la Culture à part entière. La prochaine fois que Le Matin aura des ennuis de santé financière, il saura à quelle porte aller frapper.

Pour en revenir au JDS, contre toute attente, il était en librairie samedi dernier. Par précaution, les éditeurs du JDS avaient lancé un site Internet, pour le cas où il ne leur serait plus possible de paraître en version papier. Ce site est maintenant opérationnel, et la version papier est presque identique à ce qui se trouve sur ce site. Ce n'est donc pas le JDS habituel qui se trouve en librairie, mais une version allégée et récapitulative, sans actualité. Son titre : 'On continue, mais jusqu'où ira-t-on ?' On y apprend que l'hebdo de Michel Bouffioux et de Laurent Arnauts a finalement reçu ses 5 millions, mais d'un investisseur privé. Un autre éditeur s'est déclaré prêt à fournir un soutien opérationnel en matière de pub et de gestion. Bref, il se pourrait bien que le JDS finisse par survivre. Espérons juste qu'il s'agira d'une survie, et non d'une récupération forcée par les contraintes financières.

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Pour la première fois dans AlterEcho, voici un petit spot de publicité que l'office du tourisme de la ville de Nice nous a demandé de diffuser.

écouter le spot de mobilisation pour Nice (1'54)

Vous l'aurez compris, ce spot ne vient pas de la ville de Nice, mais du Centre des Médias indépendants, qui mobilise pour le contre-sommet de Nice. Comme vous avez pu l'entendre, les dirigeants de l'Union européenne se réuniront dans deux semaines pour finaliser la charte des droits fondamentaux de l'UE, qui devrait servir plus tard à l'élaboration d'une Constitution européenne qui devrait primer sur le droit national. Après des années de construction d'une Europe économique de l'argent et des marchés, il est grand temps de commencer à bâtir une Europe sociale solide. Pourtant, c'est tout le contraire qu'annonce cette charte. Le texte de cette charte est ambigu et flou, et il laisse largement le champ de l'interpréter dans le sens ultra-libéral qui est celui de l'UE depuis de nombreuses années. Les droits sociaux repris dans la charte sont mis au niveau du plus petit commun dénominateur et représentent une régression par rapport à ce qui existe actuellement dans la plupart des pays membres. De plus, ces droits sont considérés comme des 'objectifs politiques', et non comme des droits de base garantis. Le droit au travail, par exemple, devient dans cette charte une 'liberté de travailler'. Le texte de la charte n'offre pas non plus la possibilité de définir au niveau européen un seuil de pauvreté sous lequel il deviendrait indécent de descendre. Pour résumer, en ce qui concerne le volet social, si cette charte est ratifiée, la sécurité sociale risque fort de devenir la charité publique d'ici quelques années. Par contre, le droit de propriété et la liberté d'entreprendre sont dans ce texte des notions bien ancrées qui bénéficient de toutes les garanties du monde. Pour ce qui est du droit des femmes, c'est carrément le retour à l'époque victorienne. Les femmes ont "le droit de se marier et le droit de fonder une famille selon les lois naturelles qui en régissent l'exercice". Autre danger, la modification de l'article 133, qui stipule en gros qu'en matière de commerce extérieur, chaque pays membre a un droit de veto sur les décisions de l'Union, du moins en ce qui concerne les services, les investissements et la propriété intellectuelle. Si cet article est remanié dans un sens qui supprimerait le droit de veto, les conséquences pourraient être graves. Juste un exemple : c'est grâce au veto de la France que l'UE a reculé lors des négociations de l'AMI, l'Accord Multilatéral sur les Investissements, un traité qui aurait fait du monde entier, et du tiers monde en particulier, la plaine de jeux des multinationales.

Pour toutes ces raisons, la mobilisation contre le sommet de Nice sera forte. Les syndicats européens, l'organisation ATTAC, les coordinations contre la mondialisation libérale, les Marches européennes contre le chômage et la précarité, et plus généralement tous ceux qui sont pour une Europe de la dignité plus que pour une Europe des marchands seront là pour se faire entendre. AlterEcho y dépêchera aussi son éternel envoyé spécial, comme pour le contre-sommet de Prague, et vous aurez évidemment droit à une émission spéciale dès le 13 décembre.

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Il est grand temps de passer au grand sujet de la semaine, la drogue, puisque Radio Campus participe au festival Drogues Pur Kultur qui a lieu cette semaine. Ce festival se propose de parler enfin des drogues comme d'un fait culturel, et non d'un point de vue problématique ou médical comme c'est le cas en général dans les médias et ailleurs.

Justement, les médias n'ont parlé que de drogue cette semaine, ou à peu près. Non seulement le gouvernement prépare un projet de loi qui tendrait à dépénaliser l'achat, la détention et la consommation de cannabis en petites quantités, mais en plus Le Soir a commandé à l'ULB un vaste sondage sur les Belges et la consommation des drogues, sondage qu'il commente et illustre chaque jour de cette semaine en pages 2 et 3. La RTBF a également été associée au projet, et elle a organisé vendredi dernier un grand débat sur la question après son magazine l'Hebdo consacré aux drogues de synthèse dans les raves. Je ne vais pas commenter ici tout ce qui a paru dans la presse ces derniers jours, mais quelques remarques s'imposent d'elles-mêmes.

Premièrement, le discours change, et en particulier par rapport au cannabis. Il change d'une part parce qu'il arrive parfois désormais qu'on prenne la peine de préciser que les drogues, ce ne sont pas seulement les produits illégaux célèbres que l'on désigne en général comme tels. Dans le sondage du Soir, comme dans sa répercussion par la RTBF, on a pu apprendre que parmi les drogues les plus consommées en Belgique figurent l'alcool et le tabac. Contraste fort avec RTL-TVI, qui a passé sous silence les 'bons résultats' de ces deux produits au moment de parler du sondage dans son JT. Par rapport au cannabis, le discours médiatique est enfin quelque peu dédramatisé, notamment dans le Soir sous la plume de Martine Vandemeulebroucke. Elle a notamment écrit cette semaine un excellent article sur l'action d'Infor Drogues dans les écoles. Elle prend bien soin de répercuter tous les propos de l'équipe d'Infor Drogues, notamment lorsque celle-ci se plaint de n'être invitée dans les écoles que pour faire peur aux écoliers, alors qu'elle voudrait plutôt les informer correctement, tout simplement. On lit des citations inhabituelles, comme celle-ci, toujours dans le même article : "Il y a une réelle difficulté à parler de l'alcool et du tabac dans l'enceinte scolaire, dit un responsable d'Infor Drogues, parce que ce sont des substances légales qui posent problème aux adultes. L'alcoolisme des enseignants, c'est un sujet absolument tabou. Du côté des parents, ce n'est pas mieux."

Le deuxième point que l'on peut remarquer, c'est que le discours au contraire ne change pas, en tout cas sur certains points ou dans le chef de certains journalistes. On constate encore toujours une confusion totale entre consommation et dépendance ou toxicomanie, parfois même lorsqu'il s'agit de cannabis. En corollaire, on constate également une différence de traitement entre les drogues légales et les drogues illégales. Un petit exemple sémantique, dans Le Soir : lorsqu'il est question du rapport entre drogues et créativité, on a droit à une petite énumération : le cannabis et Bob Marley, la mescaline et Henri Michaux, l'alcoolisme et Ernest Hemingway. Dans les deux premiers cas, tout est dans le produit, cannabis ou mescaline. Dans le dernier, ce n'est pas l'alcool, mais l'alcoolisme qui rend le personnage différent, même si ici c'est dans un sens positif. On remarque tout au long du discours médiatique que l'approche problématique reste souvent la seule acceptée pour les drogues illégales. Pour les médias, il est donc possible d'être simple amateur, de temps en temps, de bons cigares ou de vieux whiskies, déjà plus difficilement d'un bon pétard, et jamais d'un bon trip de LSD. Dans ce dernier cas, on est automatiquement un toxicomane.

Devant toutes ces distorsions, signalons le bon éditorial d'Alain Lallemand, le spécialiste maison du Soir. Pour lui, l'enjeu en matière de cannabis, c'est de "parler vrai". D'une part pour déblayer la table des négociations politiques afin de parler sereinement, sans tabous, d'une drogue qui ne tue pas. La deuxième raison impérieuse, poursuit-il, est de dimension citoyenne. "Il est nécessaire de se réapproprier le 'parler vrai' ; d'oser, sans provocation, sans incitation, parler à notre jeunesse en termes adéquats. Sans mensonge, ni omission. L'enjeu est celui de notre crédibilité et, par-delà, de notre capacité à prévenir : crédibilité de journalistes, d'hommes politiques, de directeurs d'écoles." De bien belles paroles, mais qui ne sont pas encore ancrées dans les mœurs, comme le prouve de façon éclatante un petit extrait du débat de la RTBF de vendredi dernier. On a pu y voir Michel Bengler, un ancien héroïnomane, qui témoignait de sa descente aux enfers, puis de sa remontée. Thierry De Bock, qui animait le débat, lui a ensuite demandé de lancer un message à la jeunesse qui se drogue, mais quand il s'est aperçu que ce message ne correspondait pas à ses attentes de propagandiste, il a aussitôt poussé son témoin à l'autocensure, tout cela en direct. Ecoutez plutôt :

écouter l'extrait du débat de la RTBF (1'00)

Merci Michel Bengler d'avoir répondu au doigt et à l'œil à mon invitation au discours de propagande officielle. Il est donc interdit aux jeunes de savoir que pour la majorité d'entre eux, certaines drogues pourront être consommées sans problèmes majeurs, souvent même moins qu'avec l'alcool ou le tabac qui entraînent facilement la dépendance et qui tuent des masses de gens. Merci Thierry De Bock, nous n'y reviendrons pas.

Dernière constatation : jusqu'à présent, il n'a pas été réellement question dans le dossier du Soir d'une drogue pourtant très populaire chez les jeunes, j'ai nommé les psilocybes ou champignons hallucinogènes. Leur existence a tout juste été mentionnée sans aucun détail. Il s'agit sans doute du même souci de protection de la jeunesse : ne pas 'révéler' aux jeunes, qui le savent pourtant déjà, qu'à chaque automne poussent dans un champ près de chez eux des champignons qui ont le triple avantage d'être gratuits et parfaitement naturels et de faire voir des éléphants roses, enfin façon de parler. Aucune mention non plus d'autres drogues parfaitement naturelles comme l'amanite tue-mouches, qui est en général présentée comme mortelle, comme les cactus contenant de la mescaline ou l'ayahuasca, qui ne sont pas, il faut le dire, des drogues en vogue chez nous, mais qui ont tout de même été au centre de nombreuses cultures anciennes, dont certaines survivent encore. On sort un peu du sujet, mais au moins, ça me permet de faire la transition vers les invités de ce soir.

écouter l'entretien avec les invités (29'40)

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