Emission n° 62 du 23 octobre 2002

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Ecoutez l'émission dans son intégralité.

 

Playlist :

- Jimi Hendrix : Machine gun (Band of Gypsys)

Les sujets :

 

Nicolas Willems, en différé de Montréal, nous envoie un petit billet très pro sur Québecor, le monopole des médias privés au Québec. Selon un tout nouveau rapport de RSF sur la liberté de la presse dans le monde, le Canada est 5ème au classement, 1er pays non-européen. Il faut dire que ce classement ne parle que des obstacles que dressent les autorités à la liberté de la presse, et pas du tout des restriction imposées plus discrètement par la commercialisation des contenus et la concentration des groupes de presse de plus en plus géants. A cet égard, la situation du Canada, et du Québec en particulier, est beaucoup moins rose que ce que tendrait à faire croire le rapport de RSF.

écouter le billet de Nicolas, 7'16

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Comme promis, l'autre Nicolas est revenu sur la livraison d'armes au Népal, dont il semble qu'elle aura lieu à tout prix, même si une dictature fasciste s'installait au Népal d'ici là. Nicolas nous retrace les dernières évolutions du dossier. Au passage, nous avons posé quelques questions à Claudine Drion (Ecolo), dont le parti repousse les limites du contorsionnisme pour justifier sa passivité.

écouter l'interview de Claudine Drion, 8'37

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Verhofstadt écrit une nouvelle "lettre ouverte aux altermondialistes", publiée dans plusieurs journaux. Tout d'abord, une petite remarque sur la méthode, relevée dans un billet d'humeur du Morgen. Le journaliste du Morgen n'était pas content de la façon dont la fameuse lettre a été proposée à la presse. En effet, les journaux qui voulaient l'obtenir devaient préalablement promettre par écrit de la publier in extenso, sinon : pas de lettre, un procédé jugé un peu cavalier. Pour comprendre les motivations d'un tel procédé, nous avons demandé à Alain Gerlache, ancien journaliste RTBF et actuel porte-parole du premier ministre, de nous éclairer.

écouter l'interview d'Alain Gerlache, 4'06

Pour en venir au fond de la lettre de Verhofstadt, commençons par le chapeau : "Cette lettre ouverte constitue un appel à la formulation de propositions d'action et de réforme qui seront abordées le 26 novembre 2002 dans le cadre de la deuxième Conférence internationale sur la mondialisation qui se tiendra à Louvain (Belgique). Les jeunes sont tout particulièrement encouragés à participer au débat (voir le site www.globalisationdebate.be)." En effet, sur le site, les jeunes de 18 à 25 ans sont invités à envoyer une dissertation sur base de laquelle 40 jeunes seront sélectionnés pour venir débattre avec le 1er ministre. Pourquoi des jeunes et pas des experts ? Mystère.

La guerre imminente en Irak est balayée d'un revers de la main : "Alors que le monde entier a les yeux rivés sur l'évolution de la crise irakienne, des questions plus urgentes ont disparu de l'actualité." Plus urgentes, et sans rapport ? A chacun de juger, on y reviendra avec Arnaud Zacharie. Ensuite, Verhostadt divisie le monde en 3 groupes : 2 milliards de crève-la-faim, un demi milliard de poules de luxe, et entre les deux : 3 milliards de "moyens", qui profitent de la mondialisation (il s'agit de "peuples principalement asiatiques"), ce qui constituerait la meilleure preuve que "le marché et le libre échange constituent la meilleure méthode, la seule méthode avérée, pour triompher de la pauvreté." Par conséquent, Verhofstadt exige plus de libéralisme et critique la fermeture des marchés, notamment européen, mais surtout américain, aux produits issus du tiers monde, en particulier des produits agricoles. Il plaide également pour un allègement de la dette des pays du tiers monde et un accroissement (un quadruplement) des budgets de la coopération au développement. Au passage, il critique vertement les ONG, trop bureaucratiques et trop paternalistes, qui "se substituent parfois aux gouvernements des pays pauvres, alors que l'émancipation de la population est essentielle pour conduire au développement et à la prospérité". Les multinationales, comme Shell qui co-dirige le Nigeria ou Total qui fait de même en Birmanie ? Verhofstadt n'a pas l'air au courant. Les coupables, c'est MSF et le CNCD… Pour terminer, le premier ministre propose d'ériger des structures politiques continentales qui collaboreraient étroitement avec les pays pauvres; il évoque en particulier une coopération entre l'UE et l'Union Africaine. Encore faut-il faire confiance à l'UE pour diminuer la pauvreté et oeuvrer pour un intérêt mondial plutôt que pour les intérêts de pays membres. Vu l'histoire de l'UE, on se dit : bof. Dans le dernier paragraphe, alors qu'on croyait à une invitation à un dialogue ouvert, on apprend brusquement la vraie vérité sous la plume de Guy Verhofstadt : "La pauvreté de par le monde requiert une approche commune. La ligne à suivre - le libre-échange mais pas rien que le libre-échange - a été arrêtée depuis longtemps." Ah bon ? Où ça ? Et par qui ? En tout cas, je ne me souviens pas avoir été consulté. En bref, Verhofstadt fait quand même de bonnes propositions, en tout cas en apparence : vive le commerce équitable et l'allègement de la dette, notamment. On voit aussi qu'il a bien compris certains mécanismes en matière agricole : l'aide au développement est anéantie par le déversement à prix cassés de produits agricoles européens largement subventionnés sur les marchés des pays pauvres qui en bénéficient. Pour éviter de se laisser jeter de la poudre aux yeux par Baby Thatcher, nous avons demandé à Arnaud Zacharie (Attac, Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde) ce qu'il pense de cette nouvelle lettre aux altermondialistes.

écouter l'interview d'Arnaud Zacharie, 13'41

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