Emission n° 43 du 20 février 2002
Les sons de l'émission sont en RealAudio. Si vous n'avez pas encore le plug-in RealAudio, téléchargez-le (la version 8 basic, en bas de page au milieu, est gratuite).
Vous pouvez écouter l'émission dans son intégralité, ou alors lire les textes et écouter les sons ci-dessous.
Textes et sons:
Cette semaine, nous commencerons par vous diffuser un travail sonore réalisé par Nico au sujet de la façon dont les médias audiovisuels ont traité les manifestations du 14 décembre à Bruxelles, en marge du sommet de Laeken, marquant la clôture de la présidence belge de l'Union européenne. Ensuite, le 'final cut' de notre reportage au Salon de l'auto. Nico avait connu des problèmes techniques au moment de le réaliser, voici donc la version définitive. Et enfin, c'est Nicolas qui tentera de dissiper l'épais brouillard qui a entouré la nomination de Jean-Paul Philippot comme nouvel administrateur de la RTBF.
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Voici le montage de Nico sur la couverture médiatique du 14 décembre. Nico vous invite d'ailleurs à réagir à cette séquence et à lui faire part de vos critiques, positives ou négatives, en appelant le 065/33.49.96 ou en écrivant à jadorerepondre@hotmail.com, jusqu'au 28 février. Merci de répondre, c'est très important pour lui.
écouter le montage de Nico, 17'23
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Ce qui nous avait incité à faire un sujet sur le Salon de l'auto, c'est notamment le reportage de Michel Lémeret (RTBF) sur l'inauguration du Salon de l'auto. Dans ce reportage, on voyait le gratin de l'Etat - le roi, les présidents de la Chambre et du Sénat, le premier ministre et la moitié du gouvernement - soutenir par sa présence un événement somme toute privé, de type publicitaire et commercial. De plus, le reportage était fort complaisant envers l'industrie automobile, comme la plupart de ceux qui ont suivi, d'ailleurs. Voici d'abord le reportage en question, suivi d'une interview de Michel Lémeret, que nous avons rencontré au Salon.
écouter le reportage RTBF et l'interview de Michel Lémeret, 7'31"
Tout cela nous a évidemment donné l'envie de faire notre propre reportage, un peu plus critique, que voici. Vous entendrez successivement un représentant de la Febiac, l'association belge des constructeurs automobiles, des curieux du Salon, des vendeurs de voitures, et une représentante du Royal Automobile Club de Belgique.
écouter notre reportage au Salon de l'auto, 20'41"
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Jean-Paul Philippot, alias JPP, a signé son contrat, lundi après-midi. Il devient le nouvel administrateur général de la RTBF. Demain, il doit participer à son tout premier conseil d'administration.
AlterEcho a voulu revenir sur le cas Philippot. Déjà, le nouveau patron de la RTBF suscite la polémique. C'est d'abord la procédure de nomination de Philippot qui est été très critiquée. Pourtant, la majorité arc-en-ciel et la Communauté française voulaient une nomination dépolitisée. Au départ, la majorité avait même trouvé un nouveau concept : la "départicratisation". Ce néologisme signifie simplement de mettre sur pied une procédure de nomination non-politisée. Beau concept, dans l'idée... Mauvaise réalisation dans les faits. Car, en réalité, jamais l'emprise des partis politiques n'aura été aussi forte dans la désignation du patron de la RTBF. La procédure a très rapidement tourné au cafouillage général entre les partis de la majorité, le Conseil supérieur de l'audiovisuel et les experts du dossier. Neuf candidats se sont proposés à la succession de Christian Druitte. Les cinq experts chargés du dossier de la RTBF ont très rapidement choisi trois postulants. Sans grande surprise, Philippot, Schmidt et Weekers ont été présélectionnés. Jusque là, la procédure paraît claire. On dirait presque les présélections de "Star Academy".
Mais c'est à partir de ce moment-là qu'interviennent les ténors de la majorité. Elio Di Rupo et Louis Michel scellent dans la nuit du 25 janvier un accord PS-PRL. Cet accord ouvre la voie royale à JPP. A partir de cet accord, tout le monde le sait : ce sera Philippot le nouveau maître de Reyers. Du côté de la Communauté française, c'est le profil bas. Hervé Hasquin, le ministre-président, et Richard Miller, le ministre des Arts et Lettres et de l'Audiovisuel, ne peuvent qu'accepter le diktat "Di Rupo-Michel". Du coup, on n'entend plus parler de "départicratisation". Ensuite, c'est la déconfiture. Le CSA est mis de côté. Ce Conseil supérieur, chargé de l'Audiovisuel, n'a plus accès au dossier RTBF.
Deux jours avant la confirmation de sa nomination, le scandale éclate. Jean-Paul Philippot aurait triché. En effet, JPP aurait disposé de documents confidentiels et de renseignements budgétaires pour la confection de son projet culturel et de gestion. On comprend mieux pourquoi Philippot a remis le meilleur projet lors des présélections. Face au doute, le gouvernement de la Communauté française a commandé une enquête expresse au PS Henri Ingberg et à l'Ecolo Jean Leblon, tous deux représentants du gouvernement à la RTBF. Les deux "experts" ont disposé de 6 heures pour remettre leurs conclusions à Hervé Hasquin. Apparemment, 6 heures suffisent pour enquêter sur un tel dossier. Comme prévu, le rapport blanchit JPP de toute tricherie. Philippot est blanc comme neige. Il est donc nommé contre toute attente, le 31 janvier, au poste d'administrateur général de la RTBF.
Depuis sa nomination douteuse, d'autres scandales resurgissent sur le passé de JPP. Il y a deux jours, un inspecteur des Finances flamand a accusé le nouveau chef de la RTBF d'avoir couvert, au milieu des années 90, des actes irréguliers. La lettre de Jozef Hendrix, inspecteur des Finances, mouille un peu plus JPP. Maintenant, dans les couloirs de Reyers, Philippot n'est plus seulement un simple tricheur, c'est aussi un magouilleur. Une affaire à suivre...
Mais comment réagit le personnel de la RTBF face à la nomination de Philippot? Dans la forteresse Reyers, c'est le mutisme qui règne. Personne n'a désiré se faire interviewer, même de manière anonyme. Pourtant, on constate qu'un malaise règne parmi les journalistes. Ils pointent du doigt la très controversée procédure de nomination, le fait que JPP ne connaisse rien aux médias et le côté gestionnaire froid de leur nouveau patron. La phrase la plus entendue chez les journalistes de Reyers souligne un attentisme profond: "On attend, on va voir, il faut d'abord qu'il prenne ses fonctions," déclarent en choeur les journalistes. Rappelons que les journalistes de la RTBF ne peuvent s'exprimer envers d'autres journalistes sans autorisation expresse. Et naturellement, cette sacro-sainte autorisation ne nous a jamais été donnée. Pourtant, tous les journalistes soufflent à demi-mot qu'ils attendent la suite, en restant perplexes sur leur avenir et sur celui de la RTBF. Bref, ce sont le mutisme et l'attentisme qui prévalent au sein du personnel de la RTBF. Comme nous le signalait un délégué syndical de la chaîne publique: "Maintenant, on ne dit rien. On ne veut pas gripper les relations avec le nouveau patron. On verra plus tard." Cependant, cette attidude ne risque-t-elle pas d'être défavorable au personnel et à la RTBF? La forteresse Reyers a en tout cas bien du mal à fuir ses vieux démons.
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