Emission n° 33 du 10 octobre 2001
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Vous pouvez écouter l'émission dans son intégralité, ou alors lire les textes et écouter les sons ci-dessous.
Playlist :
- Dick Annegarn: Le roi du métro (Bruxelles)
- Renaud: Déserteur (Morgane de toi)
Textes et sons:
Cette semaine dans AlterEcho, une présentation du Collectif sans ticket, une bande de jeunes qui milite de façon pratique pour la gratuité des transports en commun et qui a fait sensation la semaine dernière au palais de justice. Nous parlerons aussi, bien évidemment de la "nouvelle guerre de l'Amérique", comme l'appelle CNN, et nous verrons de quelle façon en parlent les médias. Et enfin, un invité dans cette deuxième émission de la saison. Il s'agit de Jean-Jacques Jespers, le premier médiateur de la RTBF, même si ce n'est pas la dénomination exacte. Nous en parlerons dans la seconde partie de l'émission.
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Vendredi dernier, le palais de justice était en ébullition. Une présumée association de malfaiteurs passait devant le tribunal des référés, soutenue par une bonne centaine de sympathisants. Les accusés, qui étaient au nombre de 18, étaient habillés en mafieux siciliens : lunettes noires, borsalino et costume trois pièces pour les hommes, perles et boa pour les femmes. En fait d'association de malfaiteurs, il s'agissait tout simplement du Collectif sans ticket, une association de fait qui énerve beaucoup la STIB. Pour le Collectif, c'est toute la politique de la ville qui devrait être revue, à commencer par les transports en commun. Afin de lancer le débat sur la gratuité et sur plein d'autres sujets, plutôt que de discuter interminablement, le Collectif agit. Concrètement, il distribue ses propres titres de transport gratuit, il colle et distribue des affiches et des tracts sur le sujet, pour susciter le débat dans le métro, et surtout, il organise des actions dites Free Zone, lors desquelles il repère les endroits où se trouvent les contrôleurs pour en informer le public et définir ainsi quelles sont à ce moment-là les Free Zones, les zones sans contrôle.
Normalement, j'aurais dû vous diffuser une interview de David, du Collectif sans ticket, qui nous aurait expliqué de quoi il retourne exactement, mais la technique est venu mettre son grain de sel. Rassurez-vous, le problème est temporaire et le son est récupérable, je vous promets donc de diffuser l'interview dans l'émission de la semaine prochaine.
Un mot sur le procès, malgré tout. Devant le tribunal, les avocats du Collectif ont eu beau jeu de balayer les arguments de la STIB. Deux petits exemples : tout d'abord, le caractère urgent de l'affaire. La STIB attaquait en effet devant le tribunal des référés, ce qui suppose une extrême urgence de l'affaire. Or, les opérations Free Zone dont il était question remontaient aux mois de mars et avril, et la STIB n'avait introduit son action qu'au mois d'août. En matière d'urgence, on a vu mieux. De plus, la STIB estimait que le caractère urgent de l'affaire était renforcé par l'hémorragie financière que représenteraient les actions du collectif. En tout et pour tout, la STIB évalue les dommages causés par les actions visées par la procédure à un peu plus de 27.000 francs, principalement pour le blocage d'un tram dont refusait de descendre un membre du collectif, qui était en possession d'un titre de transport tout à fait valable. Il y avait aussi 220 francs pour les 4 personnes qui voyageaient sans ticket. Les avocats du collectif ont comparé cette somme aux 16 milliards de frais totaux de la STIB pour l'an 2000, et soudain le terme d'hémorragie financière a fait sourire toute la salle.
Ce que la STIB exige donc, c'est que la justice interdise aux membres du Collectif sans ticket notamment de prendre la parole ou de distribuer des tracts sur son réseau, sous peine d'astreintes. Le verdict devrait tomber incessamment sous peu, et on est évidemment très curieux de savoir si on aura encore le droit, à l'avenir, de débattre de la gratuité des transports tout en prenant le métro avec un ticket valable en poche. Je vous tiendrai évidemment au courant dans cette émission.
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"La nouvelle guerre de l'Amérique", sujet inépuisable s'il en est. Précisons que cette formulation est de CNN, personnellement, je ne me permettrais jamais d'identifier les Etats-Unis à tout le continent américain. En tout cas, impossible de faire à chaud une analyse exhaustive de tout ce qui a été publié ou raconté dans la presse, le volume est vraiment trop énorme. Je vais donc me contenter de quelques touches impressionnistes au hasard et d'un article ou d'une séquence glanés çà ou là. De toute façon, je sais bien que vous ne m'en voudrez pas, puisque je suis prêt à parier que tout comme moi, vous frôlez l'indigestion.
Pour commencer, on pouvait s'y attendre, avec le retour de la guerre, c'est aussi le vocabulaire guerrier moderne qui revient en force, en particulier les "frappes chirurgicales" et les "dommages collatéraux". Malgré toutes les expériences passées en Irak et au Kosovo notamment, la presse ne semble pas avoir tiré des masses d'enseignements de ces intoxications du langage. Visiblement, les médias avalent toujours la plus grande partie de la propagande guerrière américaine, comme par exemple Le Soir, qui n'hésite pas à se vautrer dans les contradictions. Dans un seul et même article, on lit par exemple d'une part que les riverains des quartiers de Kaboul qui avaient été touchés lors du premier bombardement quittaient leurs habitations le lendemain matin, redoutant de nouvelles frappes, et d'autre part qu'ils étaient rassurés que ces mêmes bombardements n'aient pas visé les populations civiles. Le même jour, Le Soir annonçait sans même utiliser le conditionnel que les bombardements avaient touché 2 à 3 douzaines de cibles militaires, dont des camps d'entraînement terroristes et des installations de missiles sol-air, ainsi que des aéroports. Tout cela sans aucune preuve. Evidemment, lorsque les Afghans annoncent un nombre de victimes, quel qu'il soit, on prend bien soin de préciser qu'il faut prendre ces informations avec des pincettes. Sur France 2, même topo. On parle de frappes chirurgicales, et par conséquent, lorsqu'on diffuse les images des ruines de ce qui était manifestement une habitation, on précise tout de suite qu'il s'agit là d'images "soigneusement sélectionnées" par les Afghans. Du coup, il ne faudrait pas croire ce que l'on voit. Par contre, je n'ai jamais entendu les mêmes mises en garde lorsque la même chaîne diffuse abondamment des images soigneusement sélectionnées par les Américains… Même naïveté coupable du côté de la VRT, où la présentatrice a tenu à préciser que "comme il n'y a aucun journaliste occidental en Afghanistan, il y a très peu d'information indépendante" en provenance de ce pays. Tout le monde sait bien que "indépendant" et "occidental" sont synonymes, surtout en temps de guerre. La seule note critique sur les frappes chirurgicales, je l'ai trouvée dans De Morgen, et encore, ce n'était pas bien méchant, mais ça avait le mérite de remettre certaines pendules à l'heure. De l'aveu même d'un militaire, 30% des missiles dits intelligents avaient complètement manqué leur cible lors de la guerre du Kosovo. Des 70% qui sont arrivés à bon port, seulement la moitié a eu la marge d'erreur escomptée de 3 mètres. Malgré ces chiffres, et malgré aussi le fait que les bombardements actuels aient anéanti une agence de déminage des Nations Unies à Kaboul, tuant 4 civils, l'ensemble de la presse feint encore de croire au caractère ciblé de l'attaque anglo-américaine.
Mais ce ne sont pas que des bombes qui pleuvent sur le peuple afghan. Baby Bush a même annoncé que "le peuple opprimé d'Afghanistan allait connaître la générosité de l'Amérique et de ses alliés", puisque la campagne militaire comporte aussi un volet humanitaire. Ajoutant le cynisme à l'arrogance, les Américains larguent en effet des rations humanitaires sur le territoire afghan. Là, par contre, La Libre Belgique précise le prix des largages, et encore, c'est vague : 25 millions de dollars pour 37.500 colis alimentaires, ce qui fait quand même 30.000 FB le colis composé de rations végétariennes (respect des coutumes oblige), d'instructions et de médicaments. On aimerait bien avoir les mêmes précisions budgétaires pour les largages de bombes, mais ça risquerait d'écœurer le lecteur. La Libre précise encore, sans autre commentaire et sans rire, que les colis portent une inscription précisant qu'il s'agit là du "cadeau alimentaire du peuple des Etats-Unis d'Amérique". Comble de l'ethnocentrisme, cette inscription est en anglais, en français et en espagnol, et destinée à un peuple qui est majoritairement analphabète dans sa propre langue. J'espère vivement que les Afghans ne trouveront jamais ces colis éparpillés dans la montagne, j'aurais trop honte pour le peuple américain. On apprend enfin, sans autre précision, que Donald Rumsfeld, le ministre américain de la défense, a annoncé que ces vols humanitaires étaient un succès. Je ne sais pas à quoi ça se mesure, peut-être qu'il parlait simplement de l'impact médiatique. En effet, vu le côté totalement insuffisant et inefficace de l'opération, on ne peut y soupçonner autre chose qu'une opération médiatique un peu transparente. C'était d'ailleurs aussi l'avis, dimanche soir à la RTBF, de Nina Bachkatov, la spécialites ertébéenne de l'Orient. Pour elle, c'est effectivement totalement inefficace, et il faut y voir, je cite, "une opération non pas de propagande, mais de participation à la guerre de l'information". Une nuance qui vaut son pesant d'or, même si elle est complètement obscure.
Justement, la guerre de l'information, parlons-en. Elle a éclaté dans toute sa splendeur, et on n'a pas fini d'en parler. Figurez-vous que CNN n'a plus le monopole de l'information mondiale en continu. On a effectivement beaucoup parlé ces derniers jours d'Al-Jazira, surnommée la CNN arabe, sans jamais pourtant en expliquer la genèse ; ça lui donnerait sans doute trop de crédit. Seule exception à ma connaissance, un article très positif dans le Soir d'aujourd'hui. En fait, Al-Jazira est né des cendres de la BBC arabe, une télévision du service mondial de la BBC, réputé pour son sérieux. Le satellite qu'utilisait cette télévision appartenait à la famille royale saoudienne, grande alliée de l'Occident dont nous avions parlé la semaine dernière. Un jour, la BBC a eu le malheur de laisser la parole sur cette antenne à un opposant saoudien, et le lendemain, le satellite était coupé. Suite à cet incident, l'émir du Qatar a décidé de supprimer son ministère de l'information et de lancer Al-Jazira, rachetant au passage tous les journalistes devenus oisifs à la BBC. On ne peut donc pas dire qu'Al-Jazira a engagé des propagandistes intégristes, d'autant plus que cette "CNN arabe" dérange pas mal de dirigeants et brise des tabous dans certains pays de la région. A tel point qu'au début, les Américains étaient très enthousiastes de voir naître dans les pays arabes une information plus équilibrée que celle qui provient des médias étatiques. Seulement, en cas de guerre, CNN n'a plus l'exclusivité - on l'a vu notamment avec les images du speech de Ben Laden - et du coup, les Américains ne contrôlent plus l'information. Colin Powell, le ministre des affaires étrangères américain, a même été jusqu'à demander à l'émir du Qatar d'intervenir auprès d'Al-Jazira pour que sa couverture soit plus favorable aux Etats-Unis. On comprend tout de suite mieux la façon dont les Américains conçoivent la liberté de la presse.
Aux Etats-Unis, c'est encore pire, à en croire le correspondant du Morgen à New York. Dans un volumineux article d'humeur, il décrivait mardi l'ambiance qui règne au pays de l'Oncle Sam. Quelques exemples en vrac. Trois pompiers de Miami qui avaient refusé de décorer leur camion de drapeaux étoilés ont été suspendus sur-le-champ pour une période indéterminée. Dans l'Indiana, un homme qui brûlait un drapeau dans son jardin a été dénoncé par son voisin et promptement emprisonné. Dans la presse, même son de cloche. Un chroniqueur de l'Oregon qui avait écrit dans son journal que les jour des attentats, George Bush s'était caché dans un trou au Nebraska, a été viré aussi sec. Même sort pour un éditorialiste qui avait intitulé son article : "Bush a mal conduit les USA". Le lendemain, le journal se confondait en excuses à la une. Dans un commentaire à la radio, un animateur a osé estimer que les kamikazes qui se jettent contre des immeubles sont moins lâches que des militaires qui bombardent à haute altitude ou qui envoient des missiles à 3.000 km de distance. Les sponsors de l'émission se sont retirés, l'animateur a été forcé à faire son mea culpa, mais aussi, et surtout, le porte-parole de la Maison Blanche a mis tout le monde en garde : "Les Américains doivent faire attention à ce qu'ils disent et à ce qu'ils font." Message reçu par les députés américains, qui ont voté sans débat une carte blanche à George Bush pour effectuer des essais pour son bouclier antimissiles. Comme le souligne le correspondant du Morgen, la démocratie ne va pas très bien en ce moment aux Etats-Unis, et un climat étouffant et totalitaire menace de s'y installer.
Cela dit, chez nous, ce n'est pas toujours la joie non plus. En France, comme ça avait été le cas aux Etats-Unis après les attentats, plusieurs stations de radio ont décidé de censurer certaines chansons jugées équivoques et provocatrices. Vous avouerez vous-mêmes que "L'hôtesse de l'air" de Jacques Dutronc, "Tombé du ciel" de Jacques Higelin, "Comme un avion sans ailes" de CharlElie Couture ou encore "Le grand incendie", sur le nouvel album de Noir Désir, sont des chansons tout à fait inadaptées pour un public sensible en ce moment.
Dans le monde politique, on ressent d'ailleurs une autocensure un peu similaire. Dimanche dernier, lors de la manifestation contre la guerre à Bruxelles, j'ai eu l'occasion de parler à plusieurs mandataires écologistes, qu'ils soient flamands ou francophones. Tous tenaient à peu près le même discours que Jef Tavernier, le chef de groupe Agalev, dans une interview publiée dans De Morgen hier. Il commence par citer les trois conditions des verts pour accorder un soutien belge à l'offensive américaine. Les pays membres de l'Otan doivent garder un droit de réserve individuel, il ne peut pas y avoir de missions de combat, et les attaques ne peuvent être dirigées que contre les capacités des terroristes à commettre des attentats. Pour lui, cette dernière condition est remplie, même s'il ajoute au passage que les objectifs militaires mais non terroristes sont acceptables à ses yeux. Tant pis pour les dommages collatéraux. Pour ce qui est du droit de réserve des pays membres de l'Otan, l'article 5 du traité de l'Otan a été mis en œuvre, et il ne prévoit pas ce droit de réserve, il parle de solidarité, point à la ligne. Dernière question du journaliste : "Et si on demande la participation des militaires belges ?" Selon les conditions énumérées, notre ami écolo aurait dû répondre : "Ah non, pas ça !" Mais non, il a répondu que dans ce cas, il faudrait définir les règles du jeu. Même chose pour mes interlocuteurs de ce week-end : offusqués lorsqu'il s'agit des principes, mais terriblement évasifs quand on leur demande comment il vont réagir concrètement. C'est le moment de lancer la question-concours de la semaine : Qui c'est qui va se planter aux prochaines élections ? Si vous connaissez la réponse, envoyez-la à l'attention du groupe écolo, Chambre des représentants, 2 place de la Nation à 1000 Bruxelles.
Reste enfin à parler des répercussion boursières de la guerre. Premier effet, la bourse de Wall Street a prouvé que les émotions ne lui sont pas étrangères en respectant, lundi matin à l'ouverture, une minute de silence. Non pas pour les victimes des bombardements américains, ni à la mémoire de la défunte liberté d'expression aux Etats-Unis, mais bien pour les vaillants soldats engagés au péril de leur vie dans la défense de la nation. On me l'aurait inventé, j'aurais trouvé ça exagéré. Pour ce qui est des tendances, le bilan est partagé. Selon un analyste financier cité dans le Soir, les problèmes de l'économie américaine, au bord de la récession, vont être aggravés par l'entrée en guerre des Etats-Unis. Par contre, tout n'est pas perdu, puisque lundi, les actions du secteur de l'armement profitaient du début de la guerre : + 5,20% pour Raytheon, qui fabrique des missiles et des systèmes de guidage, et + 3,65% pour Lockheed, marchand d'avions de guerre. Par contre, je ne suis pas au courant des cours de Halliburton, la société dont le vice-président américain Dick Cheney était le dirigeant ces dernières années, et qui assure des services logistiques pour les bases militaires américaines au Moyen-Orient. Cheney a quitté son boulot avant la campagne présidentielle, mais il détenait encore récemment des stock-options de son ancienne boîte, pour une valeur d'environ un milliard et demi de FB. A mon avis, il va encore les garder quelque temps.
Pour terminer sur les vaillants soldats qui ont bénéficié d'une minute de silence à Wall Street, une petite parenthèse sur le speech hallucinant de George Bush après le début de la guerre. Je vous en cite deux petits extraits :
"Nous demandons beaucoup de choses à ceux qui portent l'uniforme. Nous leurs demandons de laisser ceux qu'ils aiment, de parcourir de grandes distances, de prendre le risque d'être blessés et peut-être même de faire le sacrifice suprême pour la patrie. Ils sont décidés. Ils sont honorables. […] Récemment, j'ai reçu une lettre émouvante qui en dit très long sur notre pays en ces temps difficiles. Une lettre d'une petite fille de quatrième année, dont le père sert dans l'armée. Autant je ne veux pas voir partir mon père, écrit-elle, autant je suis prête à vous l'offrir. Voilà un précieux cadeau. Le plus grand cadeau qui existe. Cette petite fille comprend ce que représente l'Amérique."
Emouvant,… non ? Franchement, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais à mon avis il n'y a pas grand-chose à modifier pour que ce speech puisse servir à un dirigeant du Hamas ou à Ben Laden lui-même pour s'adresser à des kamikazes prêts au grand départ. Pourtant, tout le monde trouve ça normal. Au lendemain des attentats, De Morgen avait jugé utile d'aller demander à un psy quel est le profil psychologique du kamikaze-type. Evidemment, le mec est censé avoir une très basse estime de lui-même, être instable, etc., plein de caractéristiques négatives. Par contre, le pilote américain prêt à mourir est un héros et un exemple. Personnellement, je préfère rester gentiment entre ces deux extrêmes et mourir de ma belle mort.
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écouter l'interview en studio de Jean-Jacques Jespers, le "médiateur" de la RTBF (37'04)