Emission n° 27 du 30 mai 2001
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Vous pouvez écouter l'émission dans son intégralité, ou alors lire les textes et écouter les sons ci-dessous.
Playlist :
- Diabologum: L'art est dans la rue (Le goût du jour)
Textes et sons:
Cette semaine, deux sujets seulement, deux grandes interviews. L'une sur un sujet très local, l'autre à propos d'un problème presque planétaire. Pour le côté local, nous irons dans un squat artistique à Ixelles, dont les occupants risquent l'expulsion dans quelques jours. Nous verrons les mécanismes pervers qui sont à l'œuvre dans les problèmes urbains à Bruxelles. Sur le plan international, c'est de la Yougoslavie et des dix ans de crises dans les Balkans que nous parlerons, avec Catherine Samary, journaliste au Monde diplomatique. Elle analysera les causes profondes du conflit et expliquera ses positions tout en nuances.
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A un jet de pierre de l'avenue de la Toison d'or, à Ixelles, tout un îlot part en décrépitude. Une grosse multinationale anglaise, Heron City, l'avait racheté il y a plusieurs années dans le but de construire à cet endroit un grand complexe commercial et récréatif haut de gamme. Comme souvent, les spéculateurs immobiliers attendaient que les immeubles pourrissent, en leur donnant d'ailleurs un petit coup de main, pour recevoir l'autorisation de les abattre et de construire à la place de l'immobilier neuf réputé rentable.
C'était sans compter avec les aléas politiques d'une part, et d'autre part avec la volonté d'une bande de jeunes de maintenir le logement accessible dans le quartier. D'une part, Ixelles a connu l'année dernière un changement de majorité. Alors que la bande à Yves de Jonghe d'Ardoye était très favorable au projet de prestige, la nouvelle majorité arc-en-ciel ne lui a pas donné son aval, et Heron City a dès lors dû ranger le projet au placard et tente aujourd'hui de revendre l'îlot. D'autre part, deux immeubles de l'îlot sont squattés depuis l'automne de l'année dernière. A la rue des Drapiers, un squat s'est ouvert pour revendiquer le maintien des logements dans le quartier et l'installation d'une agence immobilière sociale pour les gérer et les rendre accessibles au plus grand nombre. Rue des Chevaliers, ce sont des artistes en mal d'espace de création et de répétition qui occupent une immense maison cossue reconvertie en bureaux avant de se trouver abandonnée.
A partir du 3 juin prochain, les occupants de la rue des Chevaliers seront officiellement expulsables. C'était donc l'occasion d'aller à leur rencontre pour leur laisser expliquer la raison de leur occupation et les problèmes qu'ils rencontrent. Jérémie Mosseray, l'un des occupants de la rue des Chevaliers, nous présente le projet.
écouter l'interview de Jérémie Mosseray, 22'38
Si vous voulez soutenir les habitants de la rue des Chevaliers, et éventuellement les aider à résister à leur expulsion, si elle a lieu, vous pouvez appeler Jérémie au 0479/52.00.82, il vous fournira tous les renseignements nécessaires.
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Voilà dix ans que l'ex-Yougoslavie n'en finit pas de se désintégrer dans le sang et les purifications ethniques, et on n'en voit même pas encore le bout. Selon toute vraisemblance, le prochain épisode devrait se dérouler en Macédoine, et ça risque bien de ne pas encore être l'épilogue.
Pour ce sinistre dixième anniversaire, j'ai posé quelques questions à Catherine Samary, journaliste et chercheuse spécialisée dans les pays de l'Est, et qui a couvert les crises balkaniques pour le Monde diplomatique. Elle analyse les causes profondes et historiques qui ont mené à cette interminable série de conflits comme le résultat de tensions, d'une part entre des optiques progressistes et libérales, et d'autre part entre les forces fédéralistes et les velléités centrifuges. Elle explique également sa position du 'ni-ni' : ni pour les interventions sanglantes de l'OTAN ni pour les politiques désastreuses et meurtrières de Milosevic. Des positions tout en nuances donc, dont de nombreux politiciens et journalistes de chez nous pourraient prendre de la graine.