Emission n° 17 du 28 février 2001

Les sons de l'émission sont en RealAudio. Si vous n'avez pas encore le plug-in RealAudio, téléchargez-le (la version 8 basic, en bas de page au milieu, est gratuite).

Vous pouvez écouter l'émission dans son intégralité, ou alors lire les textes et écouter les sons ci-dessous.

 

Playlist :

- Violent Femmes: America is (Add It Up (1981-1993))

- Soft Machine: Save yourself (Soft Machine)

 

Textes et sons:

Cette semaine, je ne parlerai pas de George W. Bush, sinon on finirait par croire que je lui en veux personnellement. J'ai d'ailleurs trouvé un sujet beaucoup plus intéressant, puisque c'est de Dick Cheney, son vice-président, que je vais vous parler. Il est devenu riche comme Crésus suite à des activités commerciales qui interfèrent singulièrement avec la politique internationale. Nous reviendrons aussi sur la situation des médias en Autriche. J'avais reçu à ce sujet des invités dans cette émission, et aujourd'hui, Reporters Sans Frontières publie un état des lieux révélateur. Et enfin, nous parlerons de la disparition probable et prochaine du quotidien Le Matin, avec un invité en studio, monsieur José-Manuel Nobre-Correia.

* * *

Comment s'enrichir en bombardant ? C'est la question à laquelle répondait ce week-end un article du Morgen, qui analysait les intérêts plus que troubles que le vice-président américain Dick Cheney entretient dans certaines situations délicates de la politique mondiale. Je vous parle de cet article parce que vous n'en lirez jamais rien dans la presse francophone, qui n'a pas de place à consacrer à des sujets qui nécessitent des explications un peu complexes et qui est trop frileuse et bien pensante pour s'attaquer à des scandales qui n'ont pas encore éclaté ; nous en reparlerons plus tard dans cette émission.

Pour en revenir à Dick Cheney, il a donc été élu vice-président des Etats-Unis dans le sillage du petit Bush, sur lequel je me suis déjà suffisamment acharné. Avant d'être vice-président, Dick Cheney était président depuis 5 ans, non pas des Etats-Unis, mais d'une grosse multinationale pétrolière qui s'appelle Halliburton. Halliburton emploie plus de 100.000 personnes dans le monde et fait un bon 15 milliards de dollars de chiffres d'affaires annuel. Halliburton est présent dans le monde entier et possède notamment des filiales intéressantes à Bahreïn, aux Barbades, au Bermudes, au sultanat de Bruneï, aux îles Caïmans (24 filiales !). Là, je n'en suis encore qu'à la lettre C, il y a là toute une liste de paradis fiscaux aussi louches qu'ensoleillés, liste qui se termine par Trinidad et Tobago et Vanuatu. Cette société tout à fait propre est le leader mondial en matière d'ingénierie et de construction pétrolière. Elle s'occupe donc d'opérations stratégiques dans le secteur pétrolier, comme par exemple la prospection de nouveaux champs pétrolifères et la construction de pipe-lines, notamment. Comme Halliburton déploie ses opérations dans le monde entier, elle gagne bien entendu des pétrodollars dans toutes les zones de conflit ou de torture comme l'Algérie, l'Angola, la Colombie et la Birmanie, par exemple. Jusque là, c'est peut-être un peu délicat pour Cheney, mais pas vraiment dramatique, on a connu bien pire.

Là où ça devient intéressant, c'est lorsqu'on apprend qu'une des grosses filiales de Halliburton, Brown & Root Services (BRS), est titulaire d'un juteux contrat de logistique et d'entretien des bases aériennes américaines au Moyen-Orient. Les affaires marchent surtout depuis 1990, lorsque s'est mise en branle la mécanique infernale de la Guerre du Golfe. Le surcroît de travail et donc de dollars a été énorme, et comme les bombardements n'ont jamais cessé depuis lors, tout ira bien tant que les fameuses zones d'exclusion aériennes au-dessus de l'Irak seront maintenues. Je vous en parlais la semaine dernière, ces zones n'ont aucune base en droit international, mais sous prétexte de protéger des minorités et des opposants à Saddam Hussein, elles permettent de limiter la souveraineté du pays et de le contrôler durablement. Si Colin Powell a annoncé lors de sa récente tournée dans le monde arabe que les sanctions contre l'Irak devaient être révisées, on peut parier que les zones d'exclusion aérienne resteront pour leur part intactes.

Dans l'alliance entre Halliburton et Cheney, tout le monde trouve son compte, rassurez-vous. Si Halliburton a engagé Cheney en 1995, c'était pour s'assurer les services d'un lobbyiste hors pair qui avait de bons contacts, et pour cause, avec la majorité républicaine au Congrès américain. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Cheney s'est consciencieusement acquitté de sa tâche, puisqu'en 5 ans, non seulement les contrats de BRS au Moyen-Orient ont été prolongés, mais Halliburton a obtenu des marchés publics et des crédits à l'exportation pour la bagatelle de presque 4 milliards de dollars. De son côté, Dick Cheney n'a pas de quoi être mécontent non plus. En tant que ministre de la défense sous George Bush senior, il gagnait environ 250.000 dollars par an. En tant que PDG de Halliburton, son salaire oscillait plutôt autour des 5 millions de dollars par an, soit 20 fois plus. Lorsqu'il est parti pour aller se faire élire, ou plutôt se faire désigner par la Cour suprême, Halliburton l'a gentiment remercié, et pour qu'il n'oublie pas les copains de son ancienne entreprise, il a reçu plus d'un million de stock-options. Une stock-option, c'est un bon d'achat à prix fixe pour des actions de l'entreprise en question. Si le cours des actions grimpe, on se dit que c'est le moment d'acheter ces actions au prix fixé d'avance, et on les revend immédiatement, avec bénéfice évidemment. Les stock-options de Dick Cheney étaient estimées à 34 millions de dollars, soit plus d'un milliard et demi de FB, et une bonne partie de ces options d'achat ne pouvaient être exercées qu'après son élection comme vice-président ; il les détient donc toujours. Avec l'influence que peut exercer la Maison Blanche sur les marchés pétroliers, ça devient carrément scabreux. C'est un peu comme si Isabelle Durant avait de gros intérêts dans une entreprise de travaux publics spécialisée en aménagement de pistes cyclables, ou qu'Antoine Duquesne était actionnaire d'une compagnie aérienne qui fait des vols charter. Même en Belgique, on ne voit pas des choses pareilles à ce niveau-là. Au sommet mondial, on ne trouve que ça.

D'une manière générale, on peut considérer qu'une bonne partie du nouveau gouvernement américain est issu de l'industrie pétrolière et représente donc ses intérêts. Par rapport à l'Irak, on peut donc se demander si la politique des Etats-Unis dans la région n'est pas fortement guidée par les intérêts des multinationales du pétrole, et bien entendu, poser la question, c'est y répondre. Pour bien apprécier l'affaire, il faut savoir que l'Irak a nationalisé son industrie pétrolière en 1956, et que jusqu'à la guerre du Golfe, le pays était maître de la production, du raffinage et de la distribution de son pétrole. Sachant que l'Irak est le deuxième détenteur mondial de réserves pétrolières, avec 11% du total mondial, il y en a que cette autonomie devait déranger. Depuis la Guerre du Golfe, l'industrie pétrolière irakienne a donc tout bonnement été mise hors jeu, et les programmes d'exportation limitée en échange de nourriture sont juste une façon pour le monde occidental d'exercer une influence sur les cours du pétrole.

Pour terminer, notons encore quelques irrégularités dans le chef de Dick Cheney et de Halliburton, et le tableau sera complet. L'année dernière, par exemple, Cheney a obtenu un crédit à l'exportation d'un demi-milliard de dollars pour un projet en Sibérie. Il s'est ensuite avéré que ce crédit allait bénéficier à une compagnie pétrolière russe liée à la mafia, en tout cas selon le FSB, les services secrets russes, bien placés pour le savoir. L'avocat qui défend les intérêts de ce groupe mafieux russe aux Etats-Unis figure sur la liste des 'Pionniers', c'est-à-dire, les collecteurs de fonds zélés qui ont réussi à rassembler plus de 100.000 dollars, devinez pour qui ? Pour le Parti républicain de Dick Cheney, évidemment.

On a aussi beaucoup parlé ces jours-ci de la grâce accordée in extremis par Bill Clinton, le jour de son départ de la Maison Blanche, à Mark Rich, un magouilleur international qui a joué un rôle d'intermédiaire dans toutes les transactions internationales obscures et officiellement interdites ces dernières années. La Libre Belgique note que Mark Rich était passé maître dans l'art de violer les embargos décrétés notamment par les Etats-Unis : il a notamment réussi à acheter du pétrole en Iran pour le revendre à l'Afrique du Sud. Aux Etats-Unis, la grâce accordée à ce personnage douteux fait un tollé, non seulement pour ce qu'il a fait, mais aussi parce qu'on a appris que Mark Rich aurait versé de fortes sommes pour encourager le beau-frère de Clinton à obtenir cette amnistie. Ces jours-ci, Mark Rich est décrit dans la presse américaine comme le diable en personne.

Au début de ce mois, le Wall Street Journal révélait une autre affaire qui fait pour l'instant beaucoup moins de bruit. Il s'avère que depuis des années, Halliburton, la société dirigée pendant 5 ans par Dick Cheney, a un bureau discret à Téhéran. Pourtant, pas plus tard qu'en 1995, le président Clinton avait renouvelé de façon très stricte l'interdiction de commerce entre les Etats-Unis et l'Iran, en particulier en matière pétrolière. Ca n'a pas empêché Halliburton d'ouvrir encore l'exploitation d'un nouveau champ pétrolifère iranien en 1999, au moment où Cheney dirigeait l'entreprise. On voit donc que les embargos américains soi-disant basés sur des questions de valeurs morales peuvent allègrement être violés par les dirigeants américains eux-mêmes, à condition évidemment qu'il y ait de l'argent à la clef. C'est juste une question de hiérarchie entre différentes valeurs, qu'elles soient morales ou non.

* * *

Les plus fidèles auditeurs ou auditrices d'entre vous se souviendront peut-être des premiers invités que j'avais accueillis en studio lors du troisième numéro d'AlterEcho. Il s'agit de trois Autrichiens qui venaient, au nom des médias indépendants et alternatifs autrichiens, se plaindre des restrictions de la liberté de la presse dans leur pays depuis l'arrivée au pouvoir de Jörg Haider et de sa bande de nostalgiques du IIIème Reich. Si vous n'avez pas entendu cette émission, ou tout simplement pour vous rafraîchir la mémoire, je vous propose de réécouter un petit extrait de cette interview. C'est Helmut Peissl qui décrit la situation.

écouter l'interview de Helmut Peissl, 3'58

La semaine dernière, l'association Reporters Sans Frontières publiait un rapport sur la situation des médias dans l'Autriche de Haider, et le moins qu'on puisse dire, c'est que Helmut Peissl avait parfaitement résumé la situation.

Dans son rapport, RSF s'inquiète de la structure des médias, qui est effectivement problématique dans tous ses aspects. Du côté audiovisuel, beaucoup plus que la radio, c'est la télévision qui pose problème. Le monopole d'état existe toujours en Autriche, c'est d'ailleurs le seul pays de l'Union européenne où il existe encore. La télévision tire ses ressources d'une part de la dotation de l'état, et d'autre part de la publicité. C'est une commission composée de représentants des partis politiques, des syndicats et de groupes d'intérêt qui décide notamment des nominations importantes. Ca ressemble donc un peu à la RTBF chez nous, sauf que chez eux, il n'y a que ça.

Du côté de la presse écrite, c'est encore plus dramatique. Ce sont deux groupes allemands qui possédaient jusque récemment l'écrasante majorité des titres quotidiens et hebdomadaires. Comme si cette situation n'était pas encore assez malsaine, la justice autrichienne a accepté la fusion de ces deux groupes au mois de janvier dernier. Selon le directeur d'un des rares journaux indépendants, on assiste là à 'la plus grande concentration du monde civilisé'. Les deux quotidiens indépendants, dont l'impact est déjà limité, envisagent un rapprochement pour mieux tenir tête au mastodonte qu'ils ont en face d'eux. Comme quoi apparemment, la concentration est inévitablement contagieuse.

Au niveau des titres individuels, Helmut en parlait et le rapport le relève également, il y a l'influence pernicieuse de la Kronenzeitung, qui totalise 43% de parts de marché, et qui diffuse dans le public l'idéologie brune de Jörg Haider. D'après le rapport de RSF, la 'Krone' est généralement perçue comme une anomalie dans le paysage médiatique, mais vu les scores électoraux de Haider, cette anomalie n'apparaît finalement pas si anormale que ça.

En ce qui concerne les pressions ponctuelles, elles sont légion. Il faut dire que la presse avait apparemment très mal accueilli, en général, l'arrivée de la nouvelle coalition, qui n'a pas tardé à se venger. De la part de Haider, on pouvait s'y attendre, puisque la dénonciation du 'complot médiatique' a toujours été une constante dans son discours comme dans celui de tous les partis d'extrême droite. Par contre, on s'aperçoit que le partenaire conservateur de Haider, l'ÖVP du chancelier Wolfgang Schüssel, ne se gêne pas non plus pour mettre des bâtons dans les roues des médias trop critiques à son goût. Comme le disait Helmut, les pressions se traduisent par des attaques publiques et personnelles contre des journalistes, par une cascade de procès pour diffamation, et par des interventions et pressions permanentes. En ce qui concerne les procès, le pire c'est que le FPÖ de Haider les gagne souvent, ce qui coûte évidemment très cher à ceux qui le critiquent. L'hebdomadaire News a ainsi déjà dépensé une trentaine de millions suite à des procès intentés par le FPÖ. D'autres hebdos ont une dizaine, voire une vingtaine de procès en cours. La seule affaire, pourtant de taille, qui n'a pas donné lieu à un procès en diffamation, c'est la révélation du scandale Kleindienst, du nom d'un policier, ancien membre du FPÖ, qui a révélé que le parti de Haider se servait des renseignements confidentiels de la police pour alimenter son service privé de renseignements sur ses ennemis. Pour le reste, la moindre critique mène à un procès, comme par exemple lorsqu'un politologue avait expliqué à la télévision italienne le problème que constituait l'utilisation systématique par Haider du terme de 'camps disciplinaires' pour désigner les camps de concentration. Le politologue a été condamné à 180.000 francs d'amende. Et personne n'y échappe, puisque le FPÖ attaque même des publications marginales, comme des journaux étudiants ou des bulletins d'information de partis politiques destinés à leurs membres. Dans ces conditions, on imagine l'autocensure dont souffre tout le secteur de l'information autrichien.

Pour ce qui est des pressions, comme les menaces et les coups de téléphone, qui s'adressent surtout aux journalistes du service public, Helmut en a très bien parlé, et le rapport de RSF confirme tout ce qu'il disait. A noter que ces pressions sont parfois suivies d'effet. Après un très long fax de critiques de la part du président du groupe parlementaire conservateur de l'ÖVP, les 'sanctions européennes contre le gouvernement autrichien' sont soudain devenues, sur les antennes de la radio-télévision publique ÖRF, les 'sanctions contre l'Autriche'… Autre moyen de pression, le refus du débat et de l'interview. Si on critique trop tel parti ou telle personne, on peut s'attendre à ne plus pouvoir organiser de débat contradictoire ou d'interview avec la personne ou le parti en question.

Pour conclure, notons que certains quotidiens belges ont parlé de ce rapport. Si De Morgen persiste dans le vice en qualifiant le FPÖ de 'parti gouvernemental d'extrême droite', Le Soir a pour sa part bien compris la leçon. Pour lui, le FPÖ, c'est 'le parti de la droite populiste'. Pour voir qui a raison, payons de notre personne et faisons le test. Je vais dire 'Haider : nazi !', et je vous tiendrai au courant des éventuelles poursuites judiciaires. 'Haider : nazi !'

* * *

Avant de parler de la disparition du Matin, voici une information pratique pour les vrais fidèles de l'émission, ceux qui écoutent AlterEcho en direct le mercredi soir. Demain soir, le jeudi 1er mars à 19h30, aura lieu à l'ULB, à l'auditoire Janson pour être précis, une grande conférence sur l'usage de l'uranium appauvri par l'OTAN. Je vous ai déjà parlé de ce sujet il y a quelques semaines, et si ça vous intéresse, sachez que cette conférence est absolument indispensable. Cette conférence, ou plutôt ce débat public, est organisé par la Coalition pour l'Abolition des armes à l'uranium appauvri. Il y aura un panel comprenant le plus large éventail jamais réuni de personnes concernées par la problématique. Pour la première fois, pendant trois jours, des victimes - soldats et civils contaminés -, des experts scientifiques, des médecins et des journalistes d'investigation se rencontreront et échangeront leurs expériences en vue de parvenir à une collaboration efficace pour faire interdire purement et simplement l'usage de l'uranium appauvri dans l'arsenal militaire. Lors du débat public, toutes ces personnes témoigneront de ce qu'ils ont vécu ou découvert, et ils répondront aux questions posées par le public. Les intervenants viennent d'horizons très divers et d'un large éventail de pays concernés par le problème. Ils viennent notamment d'Irak, de Yougoslavie, de Bosnie, de Belgique, d'Allemagne, de France et des Etats-Unis. Ce sera donc l'occasion d'écouter l'histoire de tous ces gens et d'échanger quelques points de vue avec eux. Si vous ne pouvez pas y aller, rassurez-vous, je vous ferai un large compte rendu de ce débat dans un prochain numéro d'AlterEcho. Si vous y allez, je vous rappelle donc que c'est demain jeudi à 19h30 à l'auditoire Janson à l'ULB, avenue Roosevelt.

* * *

C'est donc finalement lundi dernier que le couperet est tombé: au conseil d'administration de la SA Le Matin, l'actionnaire principal, le groupe italien Poligrafici Editoriale, a demandé la liquidation rapide de l'entreprise. Poligrafici a racheté récemment la société éditrice de France Soir, qui détient depuis l'année dernière 40% des actions du Matin. Comme France Soir est déjà un gros problème en soi, Poligrafici veut jeter le Matin pour se concentrer sur le sauvetage du quotidien français. L'assemblée générale des actionnaires du Matin se réunira dans trois semaines, mais les chances de survie semblent vraiment très minces, puisque le deuxième actionnaire, la Région wallonne, a déjà fait savoir par la voix du ministre Serge Kubla qu'elle n'a pas l'intention d'y aller de sa poche une troisième fois pour financer le Matin.

C'est le moment d'accueillir José-Manuel Nobre-Correia, chargé de cours à la section de Journalisme et communication de l'ULB.

écouter l'intervention en studio de José-Manuel Nobre-Correia à propos de la disparition du Matin (1ère partie), 14'33

écouter l'interview de Jean-Pierre Désiron, 6'50

écouter seconde partie de l'intervention en studio, 13'10

* * *

Retourner à la page principale